En Suisse, une avance d'hoirie est souvent le socle décisif pour financer un logement en propriété dans des quartiers disputés comme le Kreis 6 de Zurich. Mais ce qui, au moment de la donation, ressemble à un geste généreux des parents peut devenir, des décennies plus tard, une poudrière mathématique lors du partage successoral. En 2026, la question centrale n'est pas seulement de savoir combien on a reçu, mais à quelle valeur cette avance sera imputée dans la succession. En Suisse, une logique stricte règne en matière d'obligation de rapport, et elle prend de nombreux bénéficiaires au dépourvu. Il y a une différence énorme entre avoir reçu de l'argent liquide pour l'aménagement intérieur et avoir reçu directement un immeuble. Alors que les montants en espèces restent stables en valeur, les biens immobiliers sont soumis à une dynamique de marché qui se déploie pleinement lors du partage successoral. Ce guide explique le principe de la date de référence du droit successoral suisse, pourquoi ce qui a été « offert » peut soudain devenir massivement plus cher et comment le cadre juridique influence la paix familiale.
Peu importe vos questions sur l'immobilier — Loft est là pour y répondre clairement, simplement et de manière fiable.
Posez des questions sur un bien immobilierEn droit successoral suisse, la valeur d'une avance d'hoirie est calculée d'après l'état du bien au moment de la réception, mais d'après sa valeur au moment de la succession (jour du décès). Cela signifie : si vous recevez un bien immobilier, celui-ci est évalué à la valeur vénale au jour du décès des parents – y compris toutes les hausses de valeur de marché des dernières décennies. Pour l'argent liquide, en revanche, le principe de la valeur nominale s'applique : 100.000 CHF restent 100.000 CHF, indépendamment de l'inflation ou des pertes de pouvoir d'achat.
Pour l'évaluation des valeurs réelles, le Code civil suisse (CC) suit une logique conséquente : tous les héritiers doivent, au final, être placés économiquement comme si le partage successoral avait eu lieu au jour du décès des parents.
Si des parents ont donné à leurs enfants, il y a 20 ans, un terrain à bâtir ou une maison, ce n'est pas la valeur de donation de l'époque qui est retenue pour le partage successoral en 2026.
En 2026, l'écart entre les donations en argent et en nature devient particulièrement flagrant. Alors que les prix de l'immobilier ont historiquement progressé, l'argent liquide est soumis au principe de la valeur nominale.
Si vous avez reçu 200.000 CHF comme fonds propres pour l'achat d'un appartement, c'est exactement ce montant qui est ajouté à la masse successorale.
Une subtilité importante de la loi (art. 630 CC) protège le donataire contre l'imputation de ses propres prestations. L'objet est évalué dans son état au moment de la donation, mais au niveau des prix du jour du décès.
Si vous avez rénové le bien immobilier reçu avec vos propres moyens – par exemple par un assainissement énergétique ou une annexe moderne –, vous n'avez pas à partager cette plus-value avec vos frères et sœurs.
Prenons deux enfants (A et B). L'enfant A a reçu il y a 15 ans un terrain (valeur à l'époque : 400.000 CHF). L'enfant B a reçu au même moment 400.000 CHF en espèces.
Au moment de la succession en 2026 :
Le terrain de l'enfant A vaut désormais 1.200.000 CHF.
L'argent liquide de l'enfant B est imputé à hauteur de 400.000 CHF.
| Enfant | Avance (donation) | Imputation dans la succession | Différence |
| :-: | :-: | :-: | :-: |
| Enfant A (terrain) | 400.000 CHF | 1.200.000 CHF | \+ 800.000 CHF |
| Enfant B (cash) | 400.000 CHF | 400.000 CHF | 0 CHF |
L'enfant A doit se laisser imputer un montant trois fois plus élevé que l'enfant B, bien que les deux aient nominalement reçu la même chose au départ.
Pour éviter de telles différences sociales et financières brutales, le droit suisse offre des instruments de pilotage proactif.
Parents et enfants peuvent convenir ensemble, dans un pacte successoral, qu'un immeuble sera imputé à une valeur convenue de manière ferme (p. ex. à la valeur au jour de la donation).
Comment la valeur est-elle calculée ? Pour l'argent, c'est le montant nominal qui compte ; pour les immeubles, la valeur vénale au jour du décès. Cette divergence est la cause la plus fréquente de longs litiges successoraux en Suisse. Le « principe de la date de référence » fait que les bénéficiaires de valeurs réelles ne profitent seuls des plus-values que si cela a été réglé proprement par contrat.
En résumé : celui qui reçoit un bien immobilier à titre d'avance d'hoirie devrait viser une documentation approfondie de l'état d'origine et une réglementation contractuelle claire avec tous les héritiers. Un procès-verbal d'estimation certifié au moment de la donation est la meilleure assurance contre des prétentions de rapport excessives à l'avenir. Celui qui planifie son financement de manière stratégique et juridiquement sûre crée la base d'un héritage familial durablement harmonieux.
Peu importe vos questions sur l'immobilier — Loft est là pour y répondre clairement, simplement et de manière fiable.
Posez des questions sur un bien immobilier